révolution espagnole 1936 – Le Symbiote https://lesymbiote.noblogs.org éditions / infokiosque / interventions / causeries Tue, 03 Mar 2020 11:13:28 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1 https://lesymbiote.noblogs.org/files/2015/12/cropped-Symbiote1-32x32.png révolution espagnole 1936 – Le Symbiote https://lesymbiote.noblogs.org 32 32 José Peirats – Les anarchistes espagnols, révolution de 1936 et luttes de toujours https://lesymbiote.noblogs.org/jose-peirats-les-anarchistes-espagnols-revolution-de-1936-et-luttes-de-toujours/ Tue, 03 Mar 2020 06:36:58 +0000 https://lesymbiote.noblogs.org/?p=2598 Continuer la lecture →]]> José Peirats fait dans ce livre œuvre d’historien en relatant de façon critique l’action de la CNT et du mouvement libertaire ibérique durant la révolution espagnole. Il s’agit d’un abrégé de son travail de référence sur le sujet en trois volumes, La CNT dans la révolution espagnole (publié par les éditions Noir & Rouge).

José Peirats (1908-1989) – ouvrier briquetier, militant anarcho-syndicaliste dès ses plus jeunes années puis collaborateur de la presse confédérale, a également participé à la création des Jeunesse Libertaires et combattu dans la colonne Durruti.

Cliquer sur la couverture pour accéder au pdf du livre :

Un entretien intéressant de 1976 avec José Peirats à lire sur A contretemps.

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La Révolution s’arrêta en Mai (vostfr / 80min / 2015) https://lesymbiote.noblogs.org/la-revolution-sarreta-en-mai-vostfr-80min-2015/ Mon, 27 Jan 2020 23:26:45 +0000 https://lesymbiote.noblogs.org/?p=1825 Continuer la lecture →]]> Un documentaire intéressant sur le processus contre-révolutionnaire qui tuera la révolution espagnole.

Printemps 1937, la guerre civile espagnole est à son apogée. L’armée républicaine et les milices des partis et des syndicats, luttent contre les troupes franquistes. À des centaines de kilomètres à l’arrière du front, le gouvernement ordonne l’assaut du Central téléphonique de Barcelone qui est géré par la CNT. Les anarchistes résistent et une grève générale éclate. C’est le début d’une guerre civile au sein de la Guerre civile. Cinq jours qui scellent l’épitaphe de la révolution.

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Hans Magnus Enzensberger – Le Bref Été de l’anarchie : La vie et la mort de Buenaventura Durruti https://lesymbiote.noblogs.org/hans-magnus-enzensberger-le-bref-ete-de-lanarchie-la-vie-et-la-mort-de-buenaventura-durruti/ Mon, 27 Jan 2020 23:23:39 +0000 https://lesymbiote.noblogs.org/?p=2158 Continuer la lecture →]]> Livre publié pour la première fois en 1975 en français retraçant la vie de Buenaventura Durruti, figure importante de l’anarchisme révolutionnaire espagnol.

Si Hans Magnus Enzensberger a choisi de nommer « roman » cette vie de Durruti, ce n’est pas par excès de modestie, et encore moins par ironie. Un souci de rigueur l’y conduit, rigueur ni plus ni moins paradoxale que l’entreprise du livre même. S’en expliquant, l’auteur justifie du même coup le parti qu’il a pris de « raconter » cette vie par le seul moyen d’un assemblage de documents : extraits de reportages, discours, tracts, brochures, Mémoires, interviews de témoins survivants, sans jamais intervenir directement dans le récit. Roman de collage donc, reconstitution toujours fragmentaire, à la fois lacunaire et trop riche, « contradictoire », toujours ramenée aux incertitudes scintillantes de la tradition orale : roman de Durruti, où l’Histoire apparaît comme « fiction collective ».

Télécharger le fichier epub du livre :

Il ne fallut pas longtemps à Durruti pour se rendre compte que le Comité central n’était qu’un organe de gestion. On discutait, négociait, votait, il y avait des dossiers, on y accomplissait un travail de bureaucratie. Mais Durruti n’était pas un rond-de-cuir. Dehors, on tirait. Il ne supporta plus cet état de choses. Il mit sur pied sa propre division, la colonne Durruti et, à sa tête, prit la route du front d’Aragon.

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Les résistances au travail dans Barcelone en guerre et en révolution (1936-1939) https://lesymbiote.noblogs.org/les-resistances-au-travail-dans-barcelone-en-guerre-et-en-revolution-1936-1939/ Tue, 07 Jan 2020 11:37:23 +0000 https://lesymbiote.noblogs.org/?p=1929 Continuer la lecture →]]> Une histoire des résistances au travail dans Barcelone en guerre et en révolution (1936-1939) – avec Michael Seidman, historien, auteur à ce sujet d’Ouvriers contre le travail. Barcelone et Paris pendant les Fronts populaires (Senonevero, 2010). Émission de radio réalisé par Sortir du capitalisme.

Avec une présentation de l’ouvrage, de sa nouveauté d’approche et de sa réception, une présentation de l’ampleur et des formes de résistance au travail dans Barcelone en guerre et en révolution (coulage des cadences, absentéisme, maladies simulées, grève des loyers et des impôts), une discussion d’une nouvelle approche de l’émancipation comme libération des contraintes extérieures aux individus (du travail, du loyer, des impôts), une discussion de la contradiction interne de la révolution espagnole (trop modérée pour une sortie du capitalisme, trop radicale pour une victoire militaire), une théorie de l’État comme institution imposant aux individus de se salarier, une démonstration de l’impossibilité de l’autogestion marchande « conseilliste », une comparaison avec l’expérience du Front populaire français (1936-1938), ses coulages de cadences et sa baisse du temps de travail vécue comme « anti-fasciste », et un appel à une prise en compte des résistances au travail contemporaines.

Écouter l’émission en ligne (30 minutes) :

Ou le télécharger ici (clic-droit > télécharger sous)

La livre de Michael Seidman est disponible ici en téléchargement.

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Entretien avec Garcia Oliver (vostfr / 120min / 1977) https://lesymbiote.noblogs.org/entretien-avec-garcia-oliver-vostfr-120min-1977/ Mon, 06 Jan 2020 05:46:33 +0000 https://lesymbiote.noblogs.org/?p=1820 Continuer la lecture →]]> Témoignage direct de ce personnage controversé de l’anarchosyndicalisme espagnol (il fut ministre de la justice durant la guerre civile), livrant son point de vue tout subjectif sur le mouvement révolutionnaire espagnol. N’hésitez pas à  consulter la rubrique consacrée à la révolution espagnole sur le site pour avoir d’autres perspectives.

« La rencontre avec Juan García Oliver eut lieu à Paris, en juin de l’année 1977. De passage dans la capitale pour superviser les épreuves de ses mémoires, il me fut présenté par son éditeur, José Martínez. Le premier contact eut pour cadre un restaurant de la rue de Bièvre. Là, García Oliver m’apparut comme une sorte de fantôme nimbé d’histoire. C’est que l’homme, d’abord assez froid, semblait tout droit sorti d’un arrêt sur image. Comme si, au quarantième anniversaire d’une révolution presque oubliée, un de ses principaux protagonistes avait résisté au passage du temps et à ses effets sournoisement correctifs.
Étrangement, le García Oliver de ce printemps 1977 était, physique mis à part, le même que celui qui, dans les années 1930, avait fait trembler, avec un semblable aplomb, la société espagnole et – pourquoi le taire ? – quelques anarchistes et syndicalistes de renom, que son « catastrophisme » inquiétait. Pour qui a travaillé sur le témoignage, une telle rencontre est rare, non tant parce qu’elle met en présence d’un authentique personnage – ce qui est somme toute banal quand il s’agit de la révolution espagnole –, mais parce que le bonhomme que vous avez en face de vous n’a pas changé d’un poil, qu’il argumente comme si l’événement durait encore, qu’il est toujours ce qu’il était, et non ce qu’il est devenu. Cette invariance – qui, à l’évidence, peut apparaître comme un défaut dans la vie courante – représente, dans le travail de mémoire, une appréciable qualité parce qu’elle restitue la vérité d’époque, dimension psychologique comprise, à un récit qui, sans elle, n’est souvent qu’une version corrigée et embellie d’un temps définitivement révolu.
García Oliver, probablement encouragé en sous-main par son éditeur et ami, accepta sans réticence de se prêter au jeu – difficile et risqué – de l’entretien. Celui-ci eut lieu le 29 juin 1977 dans un appartement du douzième arrondissement de Paris. Pour l’occasion, García Oliver apparut batailleur, précis, sûr de lui, tranchant et quelque peu dominateur. Comme à la grande époque, disais-je. À l’évidence, le lecteur pourra être irrité par certaines affirmations péremptoires de l’interviewé, mais, tous comptes faits, il appréciera sûrement la valeur de cette personnelle part de vérité, d’autant qu’à ce jour, cette transcription – inédite en français – constitue l’unique témoignage de García Oliver dans notre langue.– Freddy Gomez »

L’enregistrement s’arrête au milieu d’une réponse concernant les évènements de Mai 37 à Barcelonne. On peut lire la suite de l’entretient retranscrit sur le site du bulletin A Contretemps ci-dessous :

Nous allons aborder maintenant un moment central de la guerre civile espagnole : Mai 37. Comment as-tu vécu ces événements et comment les analyses-tu aujourd’hui ?

Je les analyse aujourd’hui de la même façon qu’hier, mais avant d’évoquer Mai 37, il faut remonter quelque peu en arrière. Peu de temps avant Mai 37, la commission d’investigation du comité régional de la CNT de Catalogne enquêta à Paris sur les activités conspiratrices des frères Aiguader et les contacts établis avec Gil Robles [9] et ses partisans. Il s’agissait de mettre fin à la guerre en jouant la carte monarchiste de Don Juan. L’enquête porta ses fruits. Une fois les preuves du complot réunies, Marianet, alors secrétaire du comité national de la CNT, me demanda de les transmettre à Largo Caballero. Mon idée était de promulguer préalablement une loi permettant de poursuivre les suspects d’espionnage, puis d’informer Largo Caballero de cette affaire en lui conseillant de me laisser faire. Mais Largo Caballero était un politique assez médiocre. Il commit, disons, l’erreur de rendre publique cette affaire de conspiration. J’ai immédiatement compris que l’affrontement devenait inévitable et que tout serait mis en œuvre pour nous chasser du gouvernement, Largo Caballero et nous. Les premiers incidents ont commencé dans la Huerta valencienne, où les communistes agitaient les petits propriétaires contre les collectivités. De nombreux libertaires et socialistes « caballéristes » furent mis aux arrêts, puis libérés par nos soins peu de temps après. C’est dans ces circonstances qu’éclatent les événements de mai 1937 à Barcelone. Pour moi, leur cause est évidente : faire tomber le gouvernement qui possédait les preuves de la conspiration de Paris et venait de promulguer une loi lui permettant de poursuivre les conspirateurs.

Si je te suis bien, les forces qui s’affrontèrent à Barcelone en mai 1937, essentiellement les libertaires et les staliniens,auraient donc été l’objet d’une manipulation dont le but était de provoquer la chute du gouvernement Largo Caballero. La thèse est intéressante, mais inattendue…

… Peut-être, mais l’histoire est ainsi faite : ceux qui luttent ne s’imaginent pas que, dans l’ombre, d’autres forces les manipulent. Si l’on cherche à comprendre ce qui s’est passé, il faut toujours connaître les enjeux politiques réels. Quant au rôle des agents provocateurs, il n’est pas nouveau, surtout dans nos rangs. Comment en aurait-il été autrement d’ailleurs ? Une organisation qui, par son existence même, porte atteinte aux intérêts économiques, politiques, juridiques et moraux du système devait par force attirer les agents provocateurs de l’ennemi. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’étais partisan d’exercer un contrôle rigoureux sur les cadres de défense de la CNT et que leur mode de fonctionnement soit fortement cloisonné. On ne peut pas se vouloir révolutionnaire et être naïf…

Admettons un instant ta thèse, mais alors quel rôle jouèrent les Soviétiques là-dedans ?

Les Soviétiques ont, bien sûr, profité des événements pour jouer leur carte personnelle. Et il faut admettre qu’ils l’ont fait intelligemment. Krivitski l’explique en détail d’ailleurs. Malheureusement, certains des nôtres, certes de bonne foi, sont tombés dans le piège de leur provocation. Ce fut l’erreur, d’autant que je ne pense pas que les libertaires constituaient alors le premier objectif des agents soviétiques. Ces événements auraient pu avoir une influence décisive sur le cours de l’histoire. Ils auraient pu provoquer la fin de la guerre, qui était, je le rappelle, l’objectif des comploteurs du pacte de Paris. C’est pourquoi ma préoccupation essentielle, pendant ces événements, fut d’ordre humanitaire. Il fallait faire en sorte que cessent les combats, qu’il n’y ait pas de victimes inutiles. Fort heureusement, nos appels ont été entendus. Je ne crois pas, pour ma part, que les libertaires aient été systématiquement persécutés à la faveur de ces événements…

…et l’assassinat de Berneri et de Barbieri ?

Les incidences de mai 1937 à Barcelone sont connues de tous. Le cas de Camillo Berneri doit être traité à part. Il n’est pas interdit de penser que son élimination ait pu relever d’un règlement de comptes. Il faut être clair : quand je dis qu’il n’y eut pas de répression systématique contre les libertaires, je ne dis pas que nous n’ayons pas eu de victimes. Domingo Ascaso et bien d’autres sont morts, mais ils sont morts en combattant contre les communistes et les catalanistes. Qu’il y ait eu, dans ce climat, des règlements de comptes personnels ou entre groupes ne m’étonnerait pas. Quant à l’assassinat de Berneri et de Barbieri, j’y vois des similitudes avec celui des frères Rosselli…

… tu veux dire qu’il aurait pu être le fait de fascistes italiens ?

Il y avait des agents de toute sorte en Espagne, des agents fascistes, des agents staliniens… J’ai dû moi-même intervenir, comme ministre de la Justice, pour démasquer un agent fasciste italien infiltré dans les Brigades inter-nationales. Il est passé en conseil de guerre et a été fusillé. Dans ce genre de conflits, il y toujours des agents. Quand crime il y a, il faut donc se demander à qui profite le crime. Personnellement, je ne pense pas que l’assassinat de Berneri et de Barbieri soit directement lié aux événements de mai 1937. Il faut bien comprendre que l’influence de Berneri était très faible. Elle se réduisait à un petit groupe d’amis. Quel intérêt avaient les communistes à le liquider ? On pourrait comprendre qu’ils aient cherché à tuer Marianet ou Federica ou moi, ou n’importe quel militant influent de la CNT, mais Berneri, non… Berneri avait certes été combattant, mais il ne jouait aucun rôle dans la conduite de la guerre. Alors, pourquoi ? Moi, j’ai des doutes quant aux assassins de Berneri, et je souhaiterais que des historiens se penchent sérieusement sur cette question.

Et le cas d’Andres Nin ? On ne peut pas, là encore, exonérer les staliniens de ce crime…

Le cas de Nin est très différent. Il relève d’un règlement de comptes interne aux communistes. N’oublions pas que Nin fut un agent de l’Internationale communiste et qu’il en détenait certains secrets. Il ne pouvait pas ignorer le risque qu’il prenait en passant à l’Opposition de gauche. Il connaissait, pour les avoir pratiquées, les méthodes de ces gens-là. J’ai eu affaire à Nin une seule fois dans ma vie. C’était en 1920 quand il a adhéré à la CNT. Je l’ai vu à Reus. Il provenait des milieux nationalistes catalans. Parce qu’il les jugeait rétrogrades et trop proches des curés, il avait adhéré à la CNT. Par la suite, Nin a de nouveau changé de position. Il assistait au congrès de constitution de l’Internationale syndicale rouge et il est devenu communiste. Il y représentait la CNT et il n’a pas respecté le mandat qu’elle lui avait confié… Plus tard, il est réapparu à Barcelone comme dirigeant d’un petit groupe marxiste, Izquierda comunista, qui fut, avec le Bloc ouvrier et paysan de Joaquin Maurín, à l’origine du POUM. Je n’ai pas gardé rancœur à Nin pour ses changements répétés de position, chacun est libre de penser ce qu’il veut, et je considère que sa liquidation par les agents soviétiques fut une canaillerie. Cela dit, je maintiens que ce répugnant règlement de comptes, comme celui qui coûta la vie à Berneri, est certes lié aux événements de mai 1937, mais qu’il n’a rien à voir avec l’objectif poursuivi par ceux qui en furent à l’origine : faire en sorte que les différents secteurs de l’antifascisme s’entretuent à l’arrière, provoquer un effondrement du front et faciliter l’entrée des fascistes à Barcelone pour mettre de l’ordre.

Il y aurait, bien sûr, beaucoup à dire sur une telle version des choses, mais il nous faut bien avancer dans l’entretien… Je pense que tu ne nieras pas qu’une des conséquences directes des événements de mai 1937 fut la chute du gouvernement Largo Caballero et la rapide inversion, au profit des staliniens, du rapport des forces au sein du camp républicain. En cela, Mai 37 est une date clef dans l’histoire de la guerre civile…

… Non, non. La date clef, c’est le 23 juillet 1936, le reste n’est que sa conséquence logique. La chute de la CNT fut progressive, elle traversa plusieurs étapes. Mai 37 ne fut qu’une de ces étapes, parmi beaucoup d’autres.

Quelles furent tes activités après avoir quitté le gouvernement ?

J’ai fait tout ce qu’il fallait pour être oublié… Quand le comité régional de Catalogne me demandait de lui prêter concours ou de le conseiller, j’acceptais volontiers. Par la suite, il forma la Commission d’assistance politique (CAP) et j’en fis partie.

Quel rôle jouait cette commission ?

Un rôle d’orientation politique du comité régional de Catalogne. L’organisation considéra alors, à tort d’après moi, que les membres du comité régional manquaient d’expérience politique. À tort encore, elle jugea que les militants qui avaient été conseillers ou ministres avaient, en matière politique, plus de capacités que les autres. C’est pourquoi fut créée la CAP. On me demanda d’en faire partie.

Il a dû t’arriver, lors de ton passage au ministère, de penser à l’énorme distance parcourue entre le temps où tu croupissais dans les prisons d’Espagne et celle où tu présidais aux destinées de la justice.

J’avais un engagement moral vis-à-vis des prisonniers de droit commun. En 1931, lors de la proclamation de la République, j’avais été à l’origine d’un soulèvement dans la prison de Burgos. Nous avions occupé la prison et proclamé la République en son sein. Tous les prisonniers de droit commun de Burgos avaient participé à ce mouvement. Par ailleurs, toute ma vie, j’ai été marqué par le personnage de Jean Valjean, qui même après avoir purgé sa peine est rattrapé par son casier judiciaire. Pour moi, c’est le symbole majeur de l’injustice. Quand je suis arrivé au ministère de la justice, ma première idée fut d’amnistier tous les prisonniers de droit commun et comme je ne faisais aucune confiance aux gouvernants, malgré le fait d’en être, surtout à ceux qui me succéderaient, j’ai décidé de détruire purement et simplement les casiers judiciaires des détenus. Les archives ont été brûlées…

Quelles sont les mesures législatives prises pendant ton passage au ministère de la justice que tu juges les plus significatives ?

D’abord, des mesures facilitant l’adoption des enfants perdus, abandonnés, sans famille, par suite des bombardements. Ils étaient très nombreux. Du point de vue de la légalité en vigueur, l’adoption était très difficile. Il fallait suivre de très longues procédures qui pouvaient durer des années et des années. J’ai fait en sorte que l’adoption soit instantanée en étendant le concept de famille consanguine à celui de famille adoptive. Ensuite, la légalisation des couples non mariés. Beaucoup de couples faisaient reconnaître leur union par un syndicat, une caserne de miliciens, une collectivité, etc. Cela n’avait aucun caractère légal. Quand le compagnon disparaissait au combat, sa compagne et ses enfants n’avaient droit à rien. C’est pourquoi j’ai fait en sorte que ces unions puissent être rapidement reconnues comme légales. Enfin, la création des camps de travail. Elle répondait à l’idée que le travail est préférable à l’enfermement. Avec cette nouvelle législation, une peine de trente ans pouvait être purgée en cinq ou sept ans. Dans le même registre, j’ai proposé la création de cités pénitentiaires. Il s’agissait de faire en sorte que les peines ne se purgent plus en prison, mais dans des cités, avec des ateliers et des maisons où les prisonniers pouvaient vivre en famille. L’administration et la gestion de ces cités pénitentiaires devaient être prises en charge par les prisonniers eux-mêmes.

Cette loi fut-elle approuvée en conseil des ministres ?

Absolument, mais notre départ du gouvernement a fait qu’elle n’a pas été appliquée. Elle était, pourtant, exemplaire, comme la loi promulguant l’égalité des droits entre hommes et femmes, que nous avons fait voter et qui a paru au Journal officiel de Madrid. Il faut comprendre ce que cela pouvait supposer dans un pays comme l’Espagne, où Federica Montseny pouvait être ministre mais devait demander l’autorisation à son mari pour pouvoir voyager… Nous avons donc fait ce que nous pouvions faire, pas grand-chose, mais quelque chose quand même. Pour ce qui me concerne, ce dont je suis le plus fier, c’est l’amnistie totale que j’ai promulguée. Tout le monde dehors ! Je ne pouvais pas faire moins.

Et si, au terme de cet entretien, l’un des rares que tu as accordés , il te fallait ne retenir que quelques étapes de ton long parcours de militant anarcho-syndicaliste, lesquelles choisirais-tu ?

Celle de la formation, d’abord. Celle d’un homme qui, depuis son enfance, a compris qu’il fallait lutter, non parce qu’il avait lu Bakounine, Kropotkine ou Malatesta, mais parce qu’il portait ce désir en lui. Quiconque, en Catalogne, à cette époque, ressentait ce désir de lutte, rencontrait les anarchistes, la CNT, et devenait un combattant anarcho-syndicaliste. La deuxième étape, plus politique, serait celle du Comité des milices. Ce fut une expérience révolutionnaire formidable. Au contraire de ce qui s’est passé en Russie, où les soviets ont été liquidés par un parti minoritaire, le Comité des milices, où les anarcho-syndicalistes étaient majoritaires, a impulsé les collectivités et respecté les minorités. L’expérience n’a duré que deux mois, mais elle fut porteuse d’espoir. La troisième étape serait celle de la collaboration au gouvernement républicain. Il y eut un peu de tout : du bon et du mauvais. Mais nous avons suffisamment parlé de cela, inutile d’en rajouter.

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Alexandre Skirda – Autonomie individuelle et force collective https://lesymbiote.noblogs.org/alexandre-skirda-autonomie-individuelle-et-force-collective/ Sun, 22 Dec 2019 21:34:56 +0000 https://lesymbiote.noblogs.org/?p=1538 Continuer la lecture →]]> Un livre retraçant l’histoire du mouvement anarchiste et ses formes d’organisation.

Dans cet ouvrage sous-titré Les anarchistes et l’organisation de Proudhon à nos jours, Alexandre Skirda présente les formes d’organisation qu’ont adoptées, dans des circonstances et avec des objectifs différents, les militants révolutionnaires se réclamant de l’anarchisme
On verra donc dans ce livre comment les anarchistes-communistes, ou communistes libertaires, ont cherché à transcrire leurs conceptions dans les luttes sociales et politiques, depuis la 1e Internationale – l’Association internationale des travailleurs – jusqu’aux années qui suivirent mai 68.

Cliquer sur la couverture pour télécharger le pdf du livre :

Le livre est disponible auprès des éditions Spartacus.

Lecture partielle du livre mise en vidéo par Guillaume Deloison :

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Indomptables – une histoire de femmes libres (vostfr / 62min / 2011) https://lesymbiote.noblogs.org/indomptables-une-histoire-de-femmes-libres-vostfr-62min-2011/ Mon, 29 May 2017 20:38:34 +0000 https://lesymbiote.noblogs.org/?p=1357 Continuer la lecture →]]> En plein mois de Mai 1936, naît le premier numéro de la revue « Mujeres Libres ». Un an plus tard, en Août 1937, le premier congrès de la Fédération Nationale des Femmes Libres se déroule à Valence. Cette organisation féministe d’obédience anarchiste voulait que les femmes se libèrent elles-mêmes du cruel esclavage de l’ignorance.
Oubliée même par leurs propres camarades, « Mujeres Libres » compta jusqu’à 20 000 adhérentes. Le tourbillon de la guerre les empêcha de développer leur programme en « paix », mais rien ni personne ne put empêcher que germe la graine qu’elles portaient au plus profond d’elles-mêmes.
Ce travail cherche à sortir ces femmes de l’oubli, à dénoncer l’invisibilité à laquelle sont soumises, non seulement Mujeres Libres, mais aussi les femmes et les groupes de femmes qui, par cohérence, mènent jusqu’au bout leur dissidence et restent à la marge de structures préétablies. »

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La question féminine dans nos milieux https://lesymbiote.noblogs.org/la-question-feminine-dans-nos-milieux/ Thu, 11 May 2017 16:01:30 +0000 https://lesymbiote.noblogs.org/?p=1317 Continuer la lecture →]]> Les éditions du Symbiote sont heureuses de vous faire part de la publication de la première brochure édité dans la collection [Humus] consacrée aux textes historiques.

Celle-ci est disponible à la lecture et en téléchargement sur infokiosques.net, il vous suffit de cliquer sur la couverture ci-dessous :

« On peut dire qu’au cours des siècles le monde masculin a toujours oscillé à propos de la femme entre les deux concepts extrêmes : la prostituée et la mère, l’abject et le sublime, sans s’arrêter sur ce qui est strictement humain : la femme. La femme comme individu ; individu rationnel, pensant et autonome. »

Dans cette série de cinq articles publiés entre septembre et octobre 1935 dans le journal Solidaridad Obrera, Lucía Sánchez Saornil, militante anarchiste, fait une critique de l’attitude de ses camarades hommes vis-à-vis des femmes. Elle y expose leurs préjugés machistes, incompatibles avec les aspirations libertaires qu’ils affichent. Elle s’y livre également à une réflexion — en avance sur son temps dans le contexte espagnol — sur l’émancipation des femmes et la révolution sociale qui, selon elle, dépendent l’une de l’autre. Ce texte permet de comprendre pourquoi quelques mois plus tard elle créera, en compagnie des militantes Mercedes Comaposada et Amparo Poch, la fédération révolutionnaire féminine Mujeres Libres, première organisation féministe prolétarienne autonome de son genre, qui sera rapidement forte de plus de 20 000 membres en pleine guerre civile.

Cette brochure peut également être récupérée au format papier sur périgueux (nous ne faisons pas d’envois postaux) sur simple demande en nous écrivant. Vous pourrez aussi peut-être la trouver dans un infokiosque près de chez vous si vous n’êtes pas en dordogne.

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Libertarias (vostfr / 120min / 1996) https://lesymbiote.noblogs.org/libertarias-vostfr-120min-1996/ Mon, 27 Mar 2017 06:49:49 +0000 http://lesymbiote.noblogs.org/?p=1070 Continuer la lecture →]]> Un magnifique film espagnol de Vicente Aranda sur l’action des femmes lors de la révolution libertaire de 1936 à travers le parcours (fictif) de quelques-unes d’entre-elles. Une fresque magnifique et saisissante à voir.

768615libertariascoverslim(cliquer sur l’affiche pour télécharger le film)

En 1936, le déclenchement de la guerre civile espagnole oblige Maria, une jeune nonne, à quitter son couvent et à trouver refuge dans un bordel. Un bordel vite « libéré » par un groupe de femmes anarchistes (Mujeres Libres) qui luttent contre le régime franquiste, mais aussi contre le patriarcat. Quelques prostituées ainsi que Maria décident de les suivre dans leur combat, sur le front de l’Ebre…

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Luttes des femmes & révolution sociale pendant la guerre d’Espagne (1936-1939) https://lesymbiote.noblogs.org/luttes-des-femmes-revolution-sociale-pendant-la-guerre-despagne-1936-1939/ Mon, 13 Mar 2017 23:44:30 +0000 https://lesymbiote.noblogs.org/?p=1240 Continuer la lecture →]]> Deux soirées à la Bourse du Travail de Périgueux sur l’organisation féministe et prolétarienne autonome Mujeres Libres pendant la révolution espagnole, avec la participation du collectif féministe Les Ronces (https://lesronces.wordpress.com) :

Vendredi 24 mars, 20h : Projection du film Libertarias et discussion autour du film.

Samedi 25 mars, 20h : Projection du documentaire De toda la vida et discussion sur Mujeres Libres et le féminisme.

Faire clic-droit et enregistrer sur l’image ci-dessous pour télécharger le programme complet :Les films peuvent être téléchargé dans notre médiathèque : Libertarias & De toda la vida

Le texte « La question féminine dans nos milieux » écrite en 1935 par Lucia Sanchez Saornil et éditée à cette occasion par le Symbiote est disponible ici.

Il y a 80 ans, une révolution féministe et prolétarienne.

Le 18 juillet 1936, un coup d’état fasciste mené par les généraux mettait en déroute la jeune république espagnole. Le 19 juillet une insurrection ouvrière parvient à écraser l’armée putschiste à Barcelone et marque le début d’une révolution sociale anti-autoritaire d’une profondeur et d’une ampleur inédite dans l’histoire. Le prolétariat et la paysannerie catalanes et aragonaises,  principalement organisées sur des positions anarcho-syndicalistes au sein de la Confédération Nationale du Travail (CNT) et désormais armées mettent alors en oeuvre leur idéal d’émancipation : le communisme libertaire.

Dans ce tumulte révolutionnaire, les femmes, jusque là reléguées aux tâches subalternes par l’Église et le Patriarcat, vont s’affirmer et prendre part à cette nouvelle organisation sociale qui met à bas les vielles hiérarchies. Confrontée au sexisme hélas encore bien ancré de leurs compagnons de lutte, l’organisation révolutionnaire Mujeres Libres (Femmes Libres), créée quelques mois auparavant et rapidement forte de 20 000 membres, constituera la première organisation féministe et prolétarienne autonome de l’histoire. A partir d’une analyse originale de leur oppression spécifique, elles luttent au sein même de la révolution pour leur propre émancipation en s’attaquant à travers une stratégie cohérente au « triple esclavage » qu’elles ont identifié : esclavage de l’ignorance, esclavage en tant que femme et esclavage en tant que productrice.

Ces deux soirées visent à faire connaitre à travers leurs yeux et leur histoire cette révolution intégrale. Au delà de l’intérêt historique, elles seront surtout l’occasion de mettre en évidence la nécessaire imbrication réciproque des luttes sociales contre l’exploitation et pour l’émancipation des femmes. Plus qu’un exercice commémoratif, il s’agit d’en tirer des leçons pour le présent.


Pour aller plus loin, de nombreuses brochures, revues et livres autour des thématiques abordées seront disponibles lors des soirées.


Pas de révolution sociale sans émancipation des femmes, pas d’émancipation des femmes sans révolution sociale !

Vendredi 24 mars – 20h00 – Libertarias (vostfr/120min./1996)

Ce film espagnol de fiction historique inédit en France et réalisé par Vicente Aranda suit l’itinéraire de combattantes révolutionnaires — interprétées entre-autres par Ana Belén, Victoria Abril et Ariadna Gil —  sur le front de l’Ebre.

Peu de temps après l’échec du coup d’État franquiste du 18 juillet 1936, les milices prolétariennes, qui ont écrasé les factieux, tiennent le front face à l’armée régulière. C’est le début de la révolution sociale et de la guerre civile…

Dans une petite ville près de Barcelone, Maria, une nonne, est forcée de quitter son couvent réquisitionné par les milices révolutionnaires. Elle se réfugie d’abord dans un bordel puis est recueillie par Pilar, une militante anarchiste et féministe appartenant à l’organisation Mujeres Libres.

>Avec leur groupe de combattantes libertaires, en majorité composé d’ouvrières du textile et d’anciennes prostituées, elles défient la bureaucratie syndicale naissante et rejoignent la Colonne Durruti pour lutter contre les fascistes et libérer la ville de Saragosse…

Si le film illustre magistralement l’effervescence révolutionnaire d’un peuple  qui se libère, celui-ci s’attache à dépeindre au plus près ces femmes et leur solidarité, leurs relations avec leur compagnons hommes et les chefferies émergentes, leur enthousiasmes, colères et espoirs ainsi que leur courage et leur détermination à faire advenir un monde nouveau débarrassée de l’oppression et de l’exploitation. Un grand film à voir sur une histoire méconnue.

Samedi 25 mars – 20h00 – De toda la vida (vf/55min./1986)

Ce documentaire de Lisa Berger et Carol Mazer donne la paroles aux femmes de l’organisation Mujeres Libres, 50 ans après leur révolution.

À travers ces entretiens elles racontent leurs luttes quotidiennes en tant qu’anarchistes et en tant que femmes dans la révolution. Les protagonistes parlent de leurs actions en faveur de leur émancipation (lutte contre l’illettrisme et la prostitution, pour la formation professionnelle et la maîtrise de leur fécondité et plus largement pour l’égalité), de leur relation avec les autres organisations anarchistes ainsi que de leur vie avant, pendant et après la guerre civile dans l’exil qui leur fut imposé par la victoire du franquisme en 1939.

Ces témoignages rares sont de première importance pour comprendre ce que fut leur combat pour l’émancipation, celui « de toute une vie ».

La projection de ce documentaire sera complétée par la lecture de quelques extraits de textes écrits à l’époque par les Mujeres Libres afin de mettre en exergue la pertinence et la modernité de leurs analyses et d’introduire une discussion faisant le lien entre passé et présent.


Le collectif féministe Les Ronces (https://lesronces.wordpress.com) sera présent pour participer à l’animation des discussions et présenter ses activités.


 

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